Syndicalisme  

© 2010 cftc connex nancy webmaster P. Vandenberge

 

Le syndicalisme français

Manifestation CFTC sur les régimes spéciaux

Résumé

Le terme syndicalisme vient du grec sun, « avec », « ensemble » et dikê, « justice ». Cette étymologie explique que l'objectif du syndicat soit la défense d'intérêts communs à des travailleurs ou des employeurs associés. On convient de distinguer dans l'action syndicale deux cas de figure : l'action directe de régulation des rapports sociaux autour du conflit et de la négociation, et l'action indirecte de représentation par laquelle le syndicat joue alors un rôle de « fonctionnaire du social » en se présentant comme une institution quasi publique, c'est la part croissante prise par cette seconde modalité qui a conduit certains à voir dans « l'institutionnalisation » du syndicalisme la raison essentielle de la crise dont il est victime. L'émergence de coordinations ponctuelles, sans lien avec les grandes centrales syndicales, ni même avec les syndicats plus catégoriels à l'image de la FNSEA pour les agriculteurs ou le MEDEF pour le patronat, en est une preuve.

Le rôle et la place des syndicats en France

En France, les syndicats ont un rôle défensif. On est loin de l’idée de « base de réorganisation sociale » ! Le taux de syndicalisation en France est inférieur à 10 %, selon le ministère du Travail, il était de 8¨% en 2003. Certains disent qu’aujourd’hui les syndicats ne représentent plus les masses mais des intérêts catégoriels, cela s’avère d’autant plus vrai dans la fonction publique. D’ailleurs dans le privé, les salariés sont de plus en plus méfiants face aux syndicats. Cette suspicion a été effective dans l’actualité récente, il s’agit de la SNCM avec des salariés qui affirment que certains syndicats se seraient « couchés » devant le gouvernement. En définitive, le rôle des syndicats en France est loin d’être négligeable même si, il existe effectivement une sorte de « polémique » relative à leurs efficiences. Les syndicats s’avèrent nécessaires pour permettre la communication d’aspirations voire de revendications collectives.

Fondements et identité de la CFTC 

« La confédération se réclame et s’inspire des principes de la morale sociale chrétienne » (article 1er des statuts)

Que signifie cette inspiration pour la CFTC ?


La conscience d’une fraternité universelle entre les hommes, de notre responsabilité vis-à-vis de l’avenir que nos droits ont pour pendant les devoirs que nous avons envers les autres, que notre épanouissement personnel dépend de la capacité de chacun à favoriser l’épanouissement des autres
Une exigence de justice pour tous et en particulier pour les plus fragiles.

Le choix de la solidarité.

 

Quels repères donne t-elle ?


Une priorité : les plus faibles et les plus démunis.


3 principes d’action :


Le respect de la dignité de chaque personne,

Cette dignité relève du sacré : pas de l’âge, de l’intelligence, de la fortune, du physique ou de la sensibilité…
Le service du bien commun :

Favoriser l’épanouissement de chaque homme et de chaque groupe.

Reconnaître les droits de tous aux biens du monde.

Opter pour le développement durable…

La subsidiarité : donner leur pleine liberté d’action aux personnes et aux communautés de base ou corps intermédiaires (famille, entreprise, associations, collectivités territoriales…) sans mettre en cause la solidarité.

 

Pourquoi cette inspiration à la morale sociale chrétienne ?


Elle est l’héritage de notre histoire.
Elle incite au développement de la solidarité et à l'épanouissement des personnes.
Elle n’impose pas de pratiques ou de convictions religieuses.
Elle éclaire la mise en œuvre de valeurs fondamentales pour  un monde plus juste et plus humain:

La solidarité, la liberté, la responsabilité, la justice sociale, la participation démocratique, la durabilité ou exigence d’un développement durable.

Elle favorise des comportements positifs : se dévouer, être constructif, être soucieux de vérité, oser faire confiance, être ouvert et rassembleur, prendre ses décisions en toute indépendance vis à vis de tout groupe extérieur …

La CFTC de 1940 à nos jours

1940 La clandestinité

Refusant la « Charte du travail » que l’Etat français cherche à imposer aux organisations syndicales, la CFTC s’autodissoud et entre dans la clandestinité. Ses dirigeants participent à la résistance. Dès mai 1943, elle participe au Conseil national de la Résistance et à la rédaction de son programme qui servira de base à l’Etat social qui se met en place dans les années qui suivent la Libération. Elle participe ainsi à la généralisation des assurances sociales, des retraites complémentaires, à la création, plus tard, de l’Unedic…

 

En 1947, le taux de syndicalisation en France atteint 60 % contre à peine 10% aujourd’hui. L'effectif de la CFTC est alors de 800 000 syndiqués.

 

1964 La scission de la CFTC

Une majorité de la CFTC menée par le groupe « Reconstruction » donne naissance à la CFDT. Une réaction s'organise chez les tenants de la référence chrétienne, en particulier par la création des "équipes syndicalistes chrétiennes" et de leur journal "Rénovation". Mais ils ne parviennent pas à stopper l'évolution qui s'achève, au Congrès de 1964, par un vote à environ 70 % en faveur de l'abandon de la référence chrétienne. 300 délégués quittent alors la salle du congrès et décident de maintenir la CFTC. Un bureau provisoire est élu dont le président est Joseph Sauty, le très charismatique leader des mineurs CFTC. Le redémarrage est difficile: la « CFTC maintenue » n'a plus ni patrimoine immobilier, ni matériel. Si les sympathies ne lui manquent pas à l'extérieur, les encouragements sont maigres. A peu près personne n'y croit. Elle se heurte de surcroît à la contestation permanente de la CFDT qui va jusqu'à lui intenter un procès pour utilisation abusive du sigle CFTC

.
1965 Programme de Vincennes : la CFTC réaffirme son opposition à la politisation syndicale.

Huit mois seulement après la scission, la CFTC rassemble 18 unions régionales, 82 départementales, 27 fédérations professionnelles et 442 syndicats.

En mai 1968, la CFTC participe activement aux accords de Grenelle (Joseph Sauty obtient la création de la section syndicale dans l'entreprise) et connaît une vague d’adhésion sans précédent. Entre le congrès de 1967 et celui de 1969, ses effectifs cotisants progressent de 42%. En 1970, le Conseil d’Etat rend un arrêt stipulant que la CFTC « doit être regardée comme l’une des organisations syndicales les plus représentatives sur le plan national ».

 

1973 Rapport Jacques Tessier : "L'entreprise au service de l'homme".

Mise en place de la politique contractuelle qui incite chaque année les salariés et les employeurs à bâtir un contrat de progrès. Jacques Tessier fait voter l'obligation d'appartenir à un régime de retraite complémentaire avec validation des acquis antérieurs.

1977 Congrès de Versailles : un nouveau programme à la mesure de la crise économique.

Le 38ème congrès confédéral en 1975 avait approuvé une modification des statuts selon laquelle la référence aux principes de la morale sociale chrétienne ne peut plus être modifiée que par un vote unanime du congrès. Ainsi le mouvement confirme son enracinement dans un syndicalisme dynamique et efficace. Les situations évoluant, ces principes constants inspirent de nouveaux objectifs. C’est pourquoi le 39ème congrès confédéral à Versailles en 1977 a fixé n programme d’action pour les années à venir.

1980-90 La CFTC est à l'origine des conventions de conversion et de l'allocation parentale d'éducation.

En 1980, Jacques Tessier fait voter une loi qui permet aux chômeurs d'être considérés comme travailleurs (maintien du droit à la retraite). En 1988, la CFTC soutient la création du revenu minimum d’insertion qui ouvre de nouveaux droits aux prestations sociales.

1983 La CFTC recueille 12,4 % de voix aux élections à la Sécurité sociale.

Aux élections de la Sécurité sociale, les candidats de la CFTC recueillent 1 765 000 voix.
Après le départ de la CFDT de la CMT, la CFTC y adhère.

1984 La CFTC prend une part active au succès des manifestations en faveur de « l'école libre. »

La CFTC s’engage avec succès dans la bataille en faveur de la liberté scolaire, menacée par le projet de loi Savary.

1991 Congrès de Lille

La CFTC réaffirme son identité. Elle engage la modernisation de son fonctionnement et de son action. Adoptant une nouvelle signature « La vie à défendre » en 1992, la CFTC entend se positionner       au-delà des seules relations de travail au nom des valeurs sociales chrétiennes.
Sous l’impulsion d’Alain Deleu, élu président confédéral en 1993, une importante réforme des fédérations voit le jour.

1995 Lors des conflits sociaux, la CFTC obtient la médiation et la reprise du dialogue.

Le Plan Juppé qui, conformément à une proposition de la CFTC, crée l'assurance universelle permettant à tous l'accès aux soins (assurance maladie).

1999 Adoption du « rapport-programme » au 47ème congrès confédéral

Au congrès de Dijon, la CFTC adopte un « rapport-programme » pour « un syndicat efficace, d'écoute, de service et de valeurs ». La CFTC des années 2000 peut répondre efficacement à ces interrogations et prendre une place plus importante dans le paysage syndical français si elle sait être attentive aux transformations en cours, en étant fidèle aux valeurs qui justifient son existence, et en anticipant les événements.

Aujourd’hui

Avec 132 000 adhérents, la CFTC obtient 9,7% aux élections prud'homales de novembre 2002 contre 7,5 en 1997. Elle par ailleurs est la seule confédération à progresser aux dernières élections des comités d'entreprise depuis dix ans.

En 2005, 49ème congrès confédéral sur le thème « Espérer, construire, partager », Jacques Voisin est réélu président de la CFTC.

En 2006, la CFTC lance présente son projet du Statut du travailleur, lancé par le « rapport-programme » dès 1999 et concrétisé par un groupe de travail depuis 2003.


La CFTC n'a cessé de faire la preuve de sa vitalité, d'étendre son implantation et d'accroître ses effectifs.

 

                             Son Président est actuellement Jacques Voisin.